Témoignages

À la rencontre du peuple de l'herbe

Portrait de Ingrid Robinet

La nature est partout, même en plein centre-ville de Grenoble... C'est ce qu'ont pu découvrir les participant.e.s de la balade-atelier "Le peuple de l'herbe" ! Menés par Ingrid Robinet, animatrice du Chemin de l'hêtre, ils sont partis à la rencontre des insectes du Jardin des Plantes.

Après avoir écouté un conte sur les insectes, tout le monde est parti à la chasse en fouillant les buissons et les massifs fleuris du parc. Rassurez-vous, aucun insecte n'a été maltraité au cours de cet atelier ! Au contraire, découvrir et observer ces espèces permet de comprendre leur mode de vie et leur importance pour la nature.

 

Pour finir, chacun a fabriqué son propre insecte en utilisant des matériaux naturels ramassés dans le parc : pétales, brins d'herbes, feuilles... Toutes ces nouvelles espèces sont venues enrichir la biodiversité du Jardin des plantes !

 

Les balades urbaines du Muséum continuent avec les balades "Le peuple de l'air", le jeudi 24 août à 10h et "Oiseaux et abeilles de nos parcs et jardins" le mercredi 6 septembre à 10h. Plus d'informations par ici !

Retour sur les 11ème rencontres nationales d'arachnologie

Portrait de Muséum de Grenoble

Les 11ème rencontres nationales d'arachnologie de l'association française d'arachnologie se sont tenues au Muséum de Grenoble à l’automne 2016. Ce fut l'occasion pour tous, amateurs, familles, guides nature comme spécialistes de  faire le point sur notre connaissance des araignées actuelles et fossiles.

Les différentes interventions furent l'occasion de rappeler que les araignées s'observent partout et tout le long de l'année, même si en fonction de leur période de ponte, les araignées revêtent des formes différentes comme la Pisaure, mature au printemps et juvénile à l'automne.

Christophe Quintin, Pisaure admirable (Pisaura mirabilis), CC BY-NC 2.0, Témoignage nature isère

Christophe Quintin, Pisaure admirable (Pisaura mirabilis), CC BY-NC 2.0, nature isère

 

Ces rencontres d’arachnologie se sont ouvertes sur une intervention passionnante sur des araignées cavernicoles de la Chaine des Pyrénées, "troglobies" (ayant perdues souvent leurs yeux), lucifuges, hygrophiles  et souvent endémiques. 

Puis de nombreuses interventions scientifiques ont eu lieux, complétés par des actions de vulgarisation comme la  conférence de découverte des araignées. 

Plusieurs sorties de terrain ont permis aux familles et aux non spécialistes avertis de récolter de nombreux spécimens identifiés en soirée par les membres de l'association. Un pré inventaire de l'Espace naturel sensible (ENS) départemental du bois de la Bâtie a été réalisé. 

Photos sorties Christophe Huant ENS Bois de la Bâtie, Témoignage nature isère

Photos sorties Christophe Huant ENS Bois de la Bâtie, Témoignage nature isère.

Les fossiles n'ont pas été oubliés car les travaux menés notamment au synchrotron de Grenoble ont révolutionné notre connaissance de l'apparition et de l'évolution des données.

Le dernier DVD de Christine Rollard a été présenté, nous ne pouvons que le conseiller vivement. 

Balades urbaines dans les parcs grenoblois

Portrait de Muséum de Grenoble

En ce matin du mercredi 12 juillet avait lieu une balade urbaine organisée par le Muséum de Grenoble sur le thème "Oiseaux et abeilles de nos parcs et jardins". L'occasion de découvrir sous un autre angle des lieux que l'on traverse tous les jours sans se douter de la richesse de la biodiversité qu'on peut y rencontrer.

Après un départ du Jardin des Plantes et une présentation des canards qui y vivent, le petit groupe s'est dirigé vers le Parc Paul Mistral. Munis de leurs jumelles, les participants ont pu rencontrer des habitants du parc : bergeronnettes, rougequeues ou encore verdiers.

 

De nombreux nids sont repérables dans le parc, comme ce nid de sittelle torchepot (voir photo ci-contre), reconnaissable à la boue utilisée pour rétrécir son accès. On peut également observer un nid d'hirondelles des rochers sur la tour Perret.

 

 

 

La balade ne s'est pas limitée à l'observation des oiseaux, avec l'observation à la loupe d'un massif de fleurs ainsi que des présentations d'espèces d'abres du parc.

En bref, ce fut une matinée riche en découvertes, le tout dans une ambiance très conviviale.
La suite au cours de la prochaine balade "Le peuple de l’air", le jeudi 20 juillet à 10h !

 

Observation d'une salamandre

Portrait de photosmoz

Salamandre vue en avril 2017 en Belledonne, au cours d'une journée pluvieuse.

Les pelouses sèches et orchidées du Vercors

Portrait de annelyse

Le Vercors est bien connu pour être l’un des joyaux de la biodiversité de notre département.

Dans le cadre de mon mémoire de fin d’étude d’Ingénieur Agronome spécialisée en Gestion des Milieux Naturels, en 2016, j’ai réalisé un diagnostic écologique des pelouses sèches et des petites zones humides sur le territoire des Quatre Montagnes du Vercors. Cette étude est encadrée par le Département de l’Isère et en collaboration avec le Conservatoire des Espaces Naturels de l’Isère (AVENIR) et le Parc Naturel Régional du Vercors.

Lors de mes inventaires sur le terrain, je suis tombée sous le charme de ces belles prairies à orchidées que sont les pelouses sèches. Dans un objectif de valorisation du territoire et de sensibilisation du grand public et de  du territoire, j’ai réalisé une vidéo sur ces milieux en collaboration avec un ingénieur écologue, Jean-Baptiste Decotte de l’association VigiLIFE.

Je vous présente donc cette courte vidéo qui, je l’espère, vous donnera envie de visiter et de protéger les pelouses sèches et les mares du Vercors et d’ailleurs.

Pour ceux qui veulent aller plus loin et visiter ces prairies, la carte des pelouses sèches du Vercors que j’ai inventorié se trouve sur le site du CEN Isère.

Lors de vos visites, veillez à respecter ces belles orchidées, en danger de disparition sur de nombreuses prairies (du fait de l’abandon qui conduit à l’embroussaillement ou de l’intensification des pratiques agricoles).

D’où viennent les oiseaux de vos jardins ?

Portrait de Gérard le renard

D’où viennent les oiseaux de vos jardins ? 

Bonne question!

Un article passionnant et très concret avec des cartes et des explications simples sur le déplacement (France, Europe) ou non d’oiseaux que nous côtoyons au quotidien dans nos jardins, parcs, campagnes, rues...: la mésange charbonnière, la mésange huppée, la mésange nonnette et la fauvette à tête noire.

A lire sur le blog de Vigie Nature (Vigie-Nature est un programme de sciences participatives ouvert à tous les curieux de nature, du débutant au plus expérimenté) : http://vigienature.mnhn.fr/blog/actualites/d-ou-viennent-les-oiseaux-de-vos-jardins

Conférence sur les serpents de l’Isère : entretien avec Pierre Bagnaud

Portrait de nature isère

Le 26 avril, la Maison de la Nature et de l’Environnement accueillait une conférence intéressante sur les serpents en Isère. Pierre Bagnaud, étudiant en master de Biologie, Écologie et Évolution, nous a fait découvrir les différentes espèces que l’on peut rencontrer dans notre département, ainsi que les menaces qui pèsent sur ces animaux souvent méconnus. Nous avons eu l’occasion de lui poser quelques questions.

Vous avez l’air d’être très passionné par les serpents. Comment est né cet intérêt pour ces animaux ?

J’ai toujours été très attiré par l’inconnu. Pour moi, le fait de ne pas comprendre ou connaître ne doit pas être un générateur de peur, mais bien d’intérêt afin de mieux comprendre le monde qui nous entoure et ses habitants qu’il abrite. Mon intérêt pour les serpents en particulier, s’est développé tout de suite après avoir mis un pied dans l’élevage, par l’intermédiaire d’une petite couleuvre américaine. Quand vous avez cette chance de pouvoir observer un animal d’aussi près et régulièrement, la magie opère. 

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur l’une de vos rencontres avec un serpent ?

Lors d’une sortie associative en Loire-Atlantique (la première que j’organisais sur le thème des serpents) nous marchions depuis quelques temps sans aucune observation, la Nature étant indomptable. On m’a fait signe de la présence d’un serpent qui quittait le bord d’un chemin. Sans prendre la peine de réfléchir et comme fougueux adolescent que j’étais je l’ai attrapé à pleines mains. Quelle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai vu sa petite tête se retourner vers mon pouce et ses deux crochets venimeux prêts à me vacciner ! J’étais face à une vipère aspic juvénile et fort heureusement ses crochets n’ont pas réussi à traverser la peau. Je vous incite donc, en pleine connaissance de causes, à ne pas tenter de manipuler de serpents sans la connaissance ni le matériel adéquat ! D’autant plus qu’il existe un arsenal de protections légales internationales, européennes et françaises qui protègent nos magnifiques animaux. En effet la manipulation de la plupart des espèces nécessite des autorisations préfectorales. Les manipulations sont également une source de stress non négligeable…

Lors de la conférence, vous nous avez présenté les 7 espèces que l’on peut trouver en Isère. Pouvez nous les rappeler brièvement ?

En Isère nous pouvons rencontrer les deux couleuvres d’eau de métropole : la couleuvre à collier et la couleuvre vipérine (qui n’a de vipérin que le nom et certains traits physiques). La couleuvre verte et jaune est impressionnante de par sa taille et sa livrée verte… et jaune ! La couleuvre d’Esculape, symbole de la médecine et de la pharmacie, est particulièrement facile à repérer grâce à sa belle robe dorée. Viennent ensuite les deux coronelles, la lisse et la girondine, qui sont plutôt sensibles aux grandes chaleurs donc observables surtout au crépuscule. Et enfin la vipère aspic qui souffre beaucoup de sa mauvaise réputation…

La vipère aspic est-elle aussi dangereuse que les gens le présument ?

La vipère aspic est le seul serpent venimeux présent en Isère. Il est donc tout à fait normal de s’en méfier. Par contre ce qui l’est beaucoup moins, c’est l’abattage systématique qu’elle a pu subir et qu’elle subit encore. En effet, son rôle est primordial dans les chaines alimentaires. Une autre chose à savoir, un serpent, quel qu’il soit, ne vient jamais au contact de l’humain. Il nous perçoit comme un prédateur et se méfie de nous plus que tout. Ils ne mordent que lorsqu’ils n’ont plus aucune autre solution de repli. Les morsures n’ont lieu que lors de manipulations, ou lorsque l’on marche dessus par inadvertance. De plus, les vipères ne nous considérant pas comme des proies, n’ont aucune raison de gaspiller une dose de venin dont la production est coûteuse en temps et en énergie, lorsqu’une simple morsure « sèche » (donc sans venin) suffit dans 99% des cas à faire fuir l’agresseur. Les envenimations sont donc particulièrement rares, et les décès liés des suites d’une morsure, soit par le venin, soit par une infection pouvant se développer, exceptionnels. Elle est donc potentiellement dangereuse, mais immensément moins que la foudre, une casserole d’eau bouillante ou encore une chute de neige !

Qu’est-ce qui permet de la différencier des autres serpents présents dans le département ?

La vipère aspic est particulièrement reconnaissable à la forme de sa pupille qui forme une fente de haut en bas, exactement comme celles des chats. Elle est aussi très trapue, courte mais épaisse, et son museau est bien retroussé. Enfin, il est plus rare de la voir dans un milieu humide, elle préfère les zones sèches de type tas de pierres exposé plein sud.

Quel rôle écologique les serpents remplissent-il dans la nature ?

Comme dit précédemment leur rôle est central au sein de la chaîne alimentaire. Tous les serpents sont des alliés inestimables contre les pullulations de micromammifères ou de certains poissons. Mais ils sont aussi des proies importantes pour des animaux plus gros comme les mustélidés, les renards, les chats sauvages ainsi que beaucoup d’espèces d’oiseaux.

Disparition et fragmentation des habitats, écrasements sur les routes, destruction des individus par la méconnaissance (coups de pelle notamment) et prédation par les chats, sont autant de menaces auxquelles sont aujourd’hui confrontés les serpents. Comment peut-on améliorer leur protection ?

Effectivement nous avons là les principales menaces qui pèsent sur ces animaux. De nombreuses institutions publiques et associations se battent pour tenter de rétablir les corridors biologiques et donc rétablir les continuités écologiques rompues par la fragmentation des habitats. Il est cependant possible de favoriser à notre petite échelle l’épanouissement de la vie en général et des serpents en particulier. En effet il est tout à fait possible de laisser un petit tas de bois ou de pierres au fond du jardin qui seront des alliés pour les aider à passer l’hiver, ainsi qu’à les protéger et protéger leurs petits des prédateurs. Vous serez aussi susceptibles de voir le nombre de petits rongeurs diminuer. Ces petits tas pourront également abriter des lézards ou bien encore des insectes comme les mantes religieuses, autres alliés tout aussi fascinants à observer ! Il est aussi très important de surveiller son ou ses chats et de les faire stériliser pour limiter leur prolifération. En effet, un chat même bien nourri, n’arrêtera pas de jouer avec le moindre animal qu’il trouve, même s’il ne les rapporte pas tous à la maison ! Et bien sûr, le plus important à mon sens reste l’éducation à l’Environnement. Il faut absolument que les gens prennent conscience des merveilles qui les entourent et il faut lutter contre les « a priori ». La peur éloigne du respect, et ces animaux fascinants en ont déjà trop souffert.

Grand paon de nuit

Portrait de Diverchris

Grand paon de nuit observé ce matin (20 avril) sur un érable de la pépinière de Botanic Seyssins.

Plus grand papilon d'Europe !

Une autre photo.Phot d'un Grand paon de nuit, Diverchris, nature isère

Conférence : la Terre avant les dinosaures

Portrait de Tiffany

Mercredi 12 avril s’est tenue une conférence à l’auditorium de Muséum de Grenoble qui a permis au public de faire un bond dans le temps !  En effet, Jean-Sébastien Steyer, paléontologue au CNRS et au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, est venu nous faire découvrir le monde d’avant les dinosaures, un monde peu connu du grand public.

C’est il y a environ 370 millions d’années que les tétrapodes, ces animaux ayant évolués à partir des poissons, commencent à développer des pattes et quitteront progressivement le milieu aquatique pour coloniser la terre. Cela sonne l’arrivée des premiers amphibiens, puis des premiers reptiles. L’évolution et la diversification des espèces tétrapodes est rapide après la sortie des océans et donne lieu à des animaux étonnants. Parmi eux, Acanthostega, qui comme la plupart des premiers tétrapodes, était polydactyle (muni de plus de 5 doigts) et dont le crâne rappelle celui d’un crocodile. Plus tard, à l’époque du Permien, des reptiles géants peuplèrent la Terre, notamment Bunostegos, un grand herbivore au crâne bossu, et Gorgonops, un carnivore à dents de sabre. Durant cette période, tous les continents sont réunis en un seul : la Pangée.
Le conférencier cite également la plus grande extinction de masse que la Terre ait connu : la crise du Permien-Trias (-250 millions d’années), qui aura rayé de la carte 90% des espèces de l’époque. Si une intense activité volcanique semble être la raison de ce cataclysme, l’hypothèse d’une catastrophe multiple avec la chute d’une météorite fait débat chez les scientifiques.

Cette conférence fut également l’occasion de découvrir le métier de paléontologue, à travers des récits sur des expéditions pour faire des fouilles sur le terrain (on apprend ainsi qu’il est plus facile de trouver des fossiles dans le désert), mais aussi sur la nécessité de reconstruire l’histoire de la tectonique des plaques, car l’évolution des espèces est intimement liée à l’évolution de la planète. Jean-Sébastien Steyer nous fait aussi découvrir l’univers de la paléontologie après la découverte d’un fossile.
Tout d’abord on transmet la découverte au préparateur en paléontologie : ça mission consiste à dégager minutieusement la couche de roche autour des fossiles. C’est un travail de longue à haleine, puisqu’il faut compter environ 8 mois de travail à temps plein pour dégager totalement le fossile ! Voire plus suivant la taille de l’espèce.
Ensuite il y a tout le travail scientifique pour étudier le fossile. Aujourd’hui les paléontologues disposent d’un matériel de haute technologie. Ils peuvent par exemple réaliser des radios en 3D pour obtenir des données sur l’intérieur des os.
L’étape suivante est la reconstitution du portrait-robot de l’animal via un logiciel perfectionné qu’utilisent les paléoartistes (dont le rôle est donc de faire des reconstitutions paléontologiques).
Enfin, les données géologiques permettent de reconstituer le paléoenvironnement et d’imaginer la vie sur Terre il y a des centaines de millions d’années.

Une conférence intéressante donc, qui a retracé l’histoire des premiers tétrapodes, l’évolution des espèces, et qui nous a fait découvrir le métier de paléontologue.

Identification rapace

Portrait de Diverchris

Voici une photo de rapace apperçu (il y avait un couple) au dessus de Cornillon en Trièves le mardi 5 avril 2017.

Nous souhaiterions savoir de quelle espèce il s'agit.

Merci pour tout renseignement.

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